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À cette heure de la nuit, un être est encore en vie, miraculeusement ! Probablement dort-il chez lui, bien au chaud sous sa couverture, pendant que j'écris ces quelques lignes. C'est au hasard qu'il le doit ou bien à mon engouement pour le golf ?


Un vendredi pourtant, mais il y avait peu de monde sur le parcours, alors nous sommes partis du trou dix, Christiane et moi.


Christiane voulait travailler son swing et moi mes fers.

J'ai envie de laisser les hybrides pour jouer les fers. C'est quand même autre chose !


Parvenu sur le départ du trou seize, une drôle d'odeur de fumier nous parvint et je le fis remarquer à Christiane. Après mes trois drives d'entraînement, j'attaquais le green en ayant toujours cette odeur persistante dans les narines. Christiane joua un fer sept comme troisième coup et se retrouva sur le green.


En allant ranger le buggy près du départ du trou suivant, je découvris l'origine de cette odeur : Il y avait un troupeau de chèvres dans le bas côté du trou dix sept. Au même moment, j'entendis Christiane m'appeler. Au son de sa voix, c'était urgent !


Arrivé sur le green, elle me montra la retenue d'eau et un chien qui nageait désespérément. Il ne pouvait remonter car le bord était bien trop pentu. Il était épuisé et gémissait.

Je sentis mon coeur se serrer et l'adrénaline m'envahir. J'étais dans cet état particulier que tout être humain connait, face au danger ! 

 

 


Instinctivement je regardai autour de moi et pris le râteau qui était à portée de main et me mis à courir, franchissant les barbelés, puis courant sur le bord de ce lac artificiel vers le chien. L'un des chiens de garde du troupeau.

Au passage, je ramassais un bout de tuyau d'environ trois mètres de long. Pendant que je courais, le bout de tuyau et le râteau dans les mains, je me demandai ce que j'allais bien pourvoir faire car le problème était évident : le bord de la retenue d'eau était en forte pente, en plastique. Une fois mes pieds mouillés, je ne pourrai pas remonter.


Le gardien du troupeau courait aussi vers moi, tandis que je m'ôtais les chaussures. Il me déconseilla d'y aller. Pendant ce temps, vous savez ce temps qui paraît si long qu'on dirait que l'on a fait pause sur le film de la vie, le chien barbotait toujours, mais le mouvement de ses pattes se ralentissait et sa tête était de moins en moins hors de l'eau.


Je proposai à l'homme de le faire descendre en le tenant via le bout de tuyau, mais il me dit qu'il était trop court. Puis il aperçut un tuyau beaucoup plus long avec une sorte de tamis en fer à son extrémité. Il courut le chercher et on le lança vers le chien. Ce dernier tenta de monter dessus. Cela aurait été simple, on aurait alors tiré pour le remonter, mais rien de cela ne se produisit.


Je dis alors au gardien, de descendre en se tenant au tuyau, mais il refusa en disant qu'il ne savait pas nager ! Je lui montrais alors que je tiendrai le tuyau autour de mes reins, assis, les pieds calés sur le rebord en béton du lac artificiel. Il accepta et descendit. Le chien comprit de suite et vint à la rencontre de son maître

Parvenu au bord de l'eau, il attrapa le collier du chien et l'aida à remonter tandis que je tirais sur le tuyau.

Une fois sur la terre ferme le chien se secoua et partit retrouver les chèvres. Pas même un regard pour son sauveur !

 


Le gardien me remercia car tout seul, il n'aurait rien pu faire.

Aujourd'hui, nous étions un vendredi comme un autre. Sauf que c'était vendredi 13 !


Les chiens ne s'encombrent pas de ces sortes de lectures du Destin !

Alors quand vous serez sur le green du seize, un petit coup d'oeil sur la droite et peut-être sauverez-vous aussi une vie. Une simple vie d'animal, mais une vie !


Le chien, en fait, la chienne s'appelle Paloma !

Une chienne de vie.


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