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Publié par The Golfer Man

 

Ma chère Adrénaline,

 

Ce matin, en me rendant au club, je contemplais se lever le soleil. La seule certitude qui entretienne mes convictions quant à la justification de mon existence et je songeais à la dernière partie de golf où tu m’avais laissé choir, sans me fournir la moindre explication. Qu’allait-il en être aujourd’hui ?

 

En descendant le chemin des oliviers, je songeais aux termes de cette lettre tout en savourant ces instants précieux, lorsque les premiers rayons du soleil s’apprêtent à percer les nuages pour offrir à l’aurore, les rouges, les bleus, les gris et les ors qui, peu à peu, vont parer sa toilette du jour.

Je profite pleinement de ce spectacle haut en couleurs matinales qui donnent souvent le ton à mes premières réflexions du jour.

Bien souvent, elles m’accompagnent tout au long de ma partie de golf. Qui de leur métamorphose ou du caprice de mon jeu l’emportera dans l’attente de cette étrange sensation qui anticipe sur ta probable venue ?

 

Tu sais pourtant que, sans ta présence, je ne puis être ce joueur qui m’habite et m’obsède pour tendre vers cette perfection dont je suis persuadé pouvoir atteindre un jour. Tu connais ma conception de l’Impossible.

 

Lorsque tu me délaisses, la longueur manque à mes coups de fers, de même qu’une certaine agressivité fait défaut à mon esprit pour vaincre ces moments de grande hésitation où il en va autant de mon jeu que de ma fierté.

 

Sur l’autel du Golf, ce jeu qui, au fil du temps, est devenu est une religion, c’est bien la dernière partie de moi-même que j’y est laissée en gage de ma quête du swing parfait.

 

On peut être joueur de golf, on n’en est pas moins homme pour autant et, à ce titre, c’est sur le parcours, que j’entrevoie souvent comme la lice des tournois de chevalerie d’antan, que j’expose mon idéal du jeu au cours de ce combat psychologique qui naît de mon esprit.

 

Pourquoi ai-je toujours besoin de vouloir jouer au dessus de ma condition ?

 

Sans doute à cause de mes origines feront remarquer certains tandis que d’autres y noteront de l’arrogance. Mais ne serait-ce pas plutôt que, le club en mains, s’opère avec ton aide une transformation qui m’est devenue indispensable sur un parcours de golf ?

 

L’aurais-tu deviné, pour que tu me nargues par tes absences répétées en me faisant languir sur les bords des fairways ? Je suis alors comme une mécanique à qui il manque quelque chose : elle peine à s’élancer, tousse, s’étouffe même, alors que le feu de l’explosion suffirait à l’animer. Dans ces moments là, je ne vis que ma vie alors que c’est de vivre mon golf dont j’ai cruellement besoin.

 

Adrénaline, pourquoi te fais-tu autant désirée ? Nos rapports fougueux ne te manquent-ils donc pas ?

 

Rappelle toi l’année dernière à Marienbad, non c’était peu après, cette passion torride que nous avons vécue sur les fairways. Tu m’avais aidé, jusqu’à me hisser aux cimes de l’Impossible, pour LE défier et remporter cette brillante victoire que je t’ai ensuite dédiée.

 

C’est à partir de cette époque que j’ai compris qu’en l’absence de ces étreintes sans cesse renouvelées sous le regard interrogatif des autres joueurs, je ne pourrai jamais plus vivre mon golf.

 

Certains jours, alors que je traîne mon chariot derrière moi, comme le sac de mes peines passées que la vie s’est chargé de bien remplir, je pense à toi si fortement que dans les instants qui suivent tu apparais avec cette mèche rebelle qui tombe sur ton front.

 

J’ai appris à t’aimer telle que tu es Adrénaline. Peu m’importe si tu te fais désirer en t’insinuant en moi aussi faiblement que coule un ruisseau à la fin de l’été ou si au contraire, ta venue fougueuse me fait penser à la coulée de lave brûlant tout sur son passage.

 

Aussi loin que je cherche dans mes souvenirs, tu m’as toujours fait le même effet : est-ce cela que l’on appelle l’amour ou bien es-tu seulement une drogue dont je ne peux plus me passer ?

 

Parfois c’est au détour d’un arbre, que mon ombre me fait une scène de jalousie tandis que dans mon jeu je ne suis plus que l’ombre de moi-même. Je charge alors la Colère d’aller à ta recherche. C’est toujours en dernier recours que je m’adresse à cette intermédiaire car ses réactions sont toujours imprévues mais c’est le seul moyen qui me reste pour te ramener à moi.

 

Adrénaline, aujourd’hui tu me manques aussi je confie ces quelques lignes aux caprices du Hasard car j’ignore où tu te trouves en ces instants. Sache que tes absences me pèsent, que mon golf se meurt et que sans le Golf je n’y survivrai pas non plus.

 

Depuis quelques jours, le Doute, cet être hideux mais oh combien intelligent, m’assaille avec l’une de ses pensées les plus horribles qui soient et ses assauts maintes fois portés sur les remparts de ma confiance envers toi ont fini par entrouvrir une brèche :

 

 Ma chère amie, tes préférences s’en seraient-elles allées vers d’autres pour que cette dernière partie de Golf m’ait laissé ce goût amer de la solitude des fairways ?

 

 

La Fête des Amoureux approche à grands pas et j’ai de grands projets pour nous : une compétition de golf pour la Saint Valentin.

 

Je suis sûr que tu seras au rendez-vous !

 

 

 

 

Ma chère Adrénaline...
Ma chère Adrénaline...
Ma chère Adrénaline...
Ma chère Adrénaline...
Ma chère Adrénaline...
Ma chère Adrénaline...
Ma chère Adrénaline...